Tako Mekvabidze crée une mode qui attire le regard
© Tako Mekvabidze
Tako Mekvabidze crée des vêtements pour les femmes qui assument pleinement leur présence et n’ont pas peur d’attirer les regards. Originaire de Géorgie, la créatrice explore le glamour, la brillance et une féminité affirmée à travers des collections portées par l’émotion et l’instinct, plutôt que par les tendances.
Qui est la femme qui porte Tako Mekvabidze ?
Elle est festive, joyeuse et expressive. Elle ne suit pas les tendances ; elle s’habille selon ses émotions. Mes collections ne sont jamais créées en fonction de ce qui est à la mode, mais à partir de sentiments, d’énergie et d’individualité. Les paillettes, les couleurs, les reflets… ces éléments ont toujours fait partie de mon univers. Je me souviens qu’un collègue m’avait dit un jour : “Tako, c’est tellement démodé : trop de couleurs, trop de paillettes.” Mais je n’ai jamais voulu créer quelque chose de minimaliste simplement parce que c’était tendance. Je suis restée fidèle à ma vision.
La femme Tako Mekvabidze s’habille pour se célébrer sans chercher à se faire discrète.
© JAM ROJECT
© JAM ROJECT
Parle-nous de ton processus créatif.
Mon processus créatif est très personnel et émotionnel. Chaque collection commence par une émotion, une femme, un moment ou une énergie qui reste dans mon esprit. Des premiers croquis à la sélection des tissus, en passant par les essayages, la couture et les derniers détails, je supervise tout de près. Pour moi, la mode ne se résume pas au résultat final sur le podium. Il s’agit de construire tout un univers autour d’une collection. J’aime être impliquée dans chaque étape, car cela me permet de préserver l’émotion et l’authenticité derrière chaque pièce.
© Tako Mekvabidze
Comment la culture géorgienne influence-t-elle ton travail ?
J’aime énormément mon pays. Je viens d’une région côtière de Géorgie et je me sens profondément connectée à mes racines. La Géorgie m’inspire constamment; ses traditions, son artisanat et ses couleurs influencent énormément ma manière de créer.
Pour ma collection Printemps/Été 2025, je me suis inspirée des broderies adjariennes, originaires de la région d’Adjara en Géorgie. Traditionnellement, ces broderies sont très détaillées et expressives, avec des motifs ornementaux, des textures riches et des éléments faits à la main qui reflètent l’identité de la région et son héritage artisanal.
Je voulais réinterpréter cet artisanat de manière contemporaine à travers les silhouettes, les ornements et les détails, tout en conservant l’esprit de la culture géorgienne dans une approche plus moderne.
La culture géorgienne possède une forte intensité émotionnelle, et je pense que cette énergie apparaît naturellement dans mon travail. Même lorsque je crée quelque chose de moderne ou de glamour, il y a toujours un lien avec mes origines et l’univers visuel dans lequel j’ai grandi.
© Tako Mekvabidze
Quel conseil donnerais-tu aux jeunes créateurs ?
Je pense que le plus important, c’est le travail. Le talent est important, bien sûr, mais sans discipline, patience et régularité, il est très difficile de construire quelque chose de durable.
Les jeunes créateurs ne doivent pas non plus avoir peur du rejet. Dans la mode, on entend souvent « non », de la part des boutiques, des professionnels ou face à certaines opportunités, mais cela ne doit jamais empêcher d’avancer. Le rejet fait partie du processus, ce n’est pas une finalité.
Je pense aussi que la patience est essentielle. Aujourd’hui, beaucoup de personnes attendent un succès immédiat, alors que construire une marque et développer son identité demande du temps. Il faut avancer étape par étape, apprendre continuellement et rester fidèle à sa vision, même lorsque les choses évoluent lentement.
Et surtout, n’essayez pas de devenir quelqu’un d’autre. Les créateurs les plus forts sont ceux qui créent à partir de leur propre univers et de leurs émotions.
